Mon histoire, mon geste.

Pendant dix-huit ans, j’ai travaillé l’image pour les autres. Aujourd’hui, je trace mes propres lignes.

Portrait de Moïse Gendronneau, graveur, devant son établi avec une pièce en bois gravée à la main

Je ne me destinais pas à la gravure. Cette rencontre est arrivée tardivement, presque par hasard. Mais elle s’est imposée avec évidence : dans le travail de la matière, la précision du geste et la possibilité de créer des objets personnels, porteurs de sens.

Je n’ai pas suivi de formation artistique traditionnelle. Mon parcours s’est construit sur le terrain : serveur, routier, puis professionnel des arts graphiques. À chaque étape, j’ai appris en observant, en pratiquant et en recommençant jusqu’à maîtriser le geste.

Cette exigence ne m’a jamais quitté : je ne remets pas une pièce si je n’en suis pas pleinement satisfait.

Pendant près de deux décennies, j’ai travaillé dans l’imprimerie et les arts graphiques. Ces années ont forgé mon regard. Elles m’ont appris la composition, l’équilibre, la rigueur d’un tracé et l’attention aux détails qui font toute la différence dans un visuel comme sur une pièce gravée.

photo — les mains sur la molette, poussière de verre en suspension

Mes débuts en gravure

En 2023, j’ai créé une association destinée à accompagner de jeunes auteurs dans la mise en lumière de leur travail. Nous imaginions des objets inspirés de leurs univers : des créations à offrir, à collectionner ou à proposer sur les salons. C’est dans ce cadre que j’ai découvert la gravure. Je l’ai abordée avec curiosité, comme j’avais appris tant d’autres métiers auparavant : en essayant, en affinant et en cherchant la justesse.

Très vite, les pièces gravées ont suscité un intérêt particulier. Les visiteurs les prenaient en main, les observaient, les retournaient. Elles retenaient leur attention. J’ai continué à expérimenter pour comprendre ce qui rendait ces objets si singuliers. Peu à peu, la gravure est devenue une évidence.

La vie m’a ensuite conduit à Compiègne. J’ai quitté mon poste pour ouvrir mon atelier à Longueil-Annel, avec une conviction simple : créer des pièces uniques et de petites séries pour celles et ceux qui souhaitent offrir bien plus qu’un objet.

Je travaille seul, dans mon atelier. Chaque commande est préparée, gravée et contrôlée par mes soins. Derrière chaque pièce, il y a du temps, de la précision et l’envie de donner une forme durable à une attention, un souvenir ou un lien important.

photo — le mur d'essais, échantillons accrochés